Surveillance active du cancer de la prostate : quand ne pas traiter est le bon traitement
On vous a annoncé un cancer de la prostate, et on vous propose de ne pas le traiter. Pour beaucoup d’hommes, cette phrase est incompréhensible — voire inquiétante. C’est pourtant, aujourd’hui, la prise en charge de référence pour les cancers de la prostate à faible risque, recommandée par l’Association Française d’Urologie.
A retenir avant tout :
La surveillance active n'est pas un renoncement. C'est un protocole structuré, avec un calendrier d'examens précis, conçu pour intervenir sans retard si la maladie évolue.
01
Comprendre
Ce qu’est la surveillance active, à qui elle s’adresse, et en quoi elle diffère de l’abstention thérapeutique.
02
Suivre
Un protocole rapproché : PSA, IRM et biopsies de contrôle, pour détecter toute évolution à temps.
03
Décider
Rester en surveillance ou passer à un traitement curatif : une décision partagée, révisable à tout moment.
Surveillance active
Qu'est-ce que la surveillance active ?
Un protocole médical à part entière — pas une attente passive — pour les cancers de la prostate peu agressifs.
La surveillance active consiste à ne pas traiter immédiatement un cancer de la prostate peu agressif, tout en le surveillant de façon rapprochée et organisée. L’objectif est double : vous éviter les effets secondaires d’un traitement dont vous n’avez pas besoin, et intervenir sans retard si la maladie se met à évoluer.
Ce n’est pas une décision d’attente passive. C’est un protocole, avec un calendrier d’examens précis et des critères de sortie définis à l’avance.
La surveillance active
S’adresse à des hommes que l’on pourrait parfaitement guérir, et chez qui l’intention curative reste entière : si la maladie évolue, on traite.
Vous restez dans un parcours de soins actif, avec des rendez-vous réguliers et un objectif de guérison maintenu à tout moment.
Ce qu'elle n'est pas : l'abstention thérapeutique
L’abstention — ou surveillance simple — s’adresse à des hommes âgés ou fragiles chez qui aucun traitement curatif n’est prévu.
On se contente alors de traiter les symptômes s’ils apparaissent, sans objectif de guérison. Une logique différente, à ne pas confondre.
Critères
A qui s'adresse la surveillance active ?
Elle concerne les cancers de la prostate dits « à faible risque de progression ». Les critères habituellement retenus sont les suivants.
Critères habituellement retenus
Un score de Gleason 6 = 3+3 (groupe ISUP 1), c’est-à-dire l’absence de grade 4 sur les prélèvements
Un PSA inférieur à 10 ng/ml
Une tumeur limitée dans son extension (localisée)
Un faible volume tumoral sur les biopsies
Une IRM sans lésion de grande taille ni franchissement de la capsule
Certains cancers du groupe ISUP 2 (3+4) très favorables (notamment avec faible volume de grade 4) peuvent être discutés au cas par cas.
Une décision, pas un calcul
Ces critères ne sont pas une grille automatique. Votre âge, votre état de santé général, vos antécédents familiaux et votre propre positionnement face au risque entrent dans la décision.
Cancer à faible risque
Une discussion partagée
C’est une discussion médicale partagée, menée en consultation, qui tient compte de vos prioritéspersonnelles autant que des données du bilan.
Discussion partagée
Protocole de suivi
Comment se déroule le suivi de la surveillance active ?
Le protocole repose sur trois piliers, répétés dans le temps : PSA, IRM, et biopsies de contrôle.
Dosage du PSA et toucher rectal
Ce n'est pas la valeur isolée qui compte, mais sa cinétique : à quelle vitesse le chiffre évolue-t-il ? On calcule le temps de doublement du PSA, indicateur clé de la stabilité de la maladie.
IRM de la prostate
Réalisée à intervalles réguliers pour vérifier qu'aucune lésion n'apparaît ou ne grossit. Elle complète le PSA dans la détection précoce d'une évolution.
Biopsies de contrôle
Une première biopsie de confirmation est réalisée dans les 12 à 18 mois qui suivent le diagnostic — son rôle est de vérifier qu'on n'a pas sous-estimé la maladie au départ. Elle est ensuite renouvelée tous les 2 à 3 ans selon l'évolution du PSA et de l'IRM, réalisée par voie transpérinéale.
A retenir : Dans les faits, cela représente deux à trois rendez-vous par an. C’est un engagement dans la durée, et c’est la condition pour que la surveillance active soit sûre.
Sortie du protocole
Quand sort-on de la surveillance active ?
Le passage à un traitement est proposé lorsque les données changent, de façon formelle, ou à discuter selon le contexte.
De façon formelle
Une nouvelle biopsie montre l'apparition de grade 4, c'est à dire un score de Gleason 3+4 ou 4+3 = 7, ou plus
La maladie n'est alors plus considérée à faible risque
A discuter au cas par cas
Un PSA qui dépasse 10 ng/ml
Un temps de doublement du PSA inférieur à 3 ans
Une progression visible sur l'IRM
Un nombre croissant de prélèvements positifs
Le dernier point important :
Il existe une dernière raison, parfaitement recevable : votre souhait. Certains hommes vivent mal l'idée de porter un cancer non traité. Si l'anxiété devient le problème principal, on en parle, et on traite. Ce n'est pas un échec.
Données scientifiques
Ce que montrent les études
C'est la question que tous les patients se posent : est-ce vraiment sans risque d'attendre ?
L'étude britannique ProtecT a suivi pendant quinze ans des hommes atteints d'un cancer localisé, répartis entre surveillance, chirurgie et radiothérapie.
La mortalité par cancer de la prostate y est proche entre les groupes — autrement dit, à quinze ans, ne pas traiter d'emblée n'a pas coûté de vies.
La même étude montre en revanche davantage de métastases dans le groupe surveillé, ce qui est précisément ce que le suivi rapproché vise à éviter : détecter l'évolution avant qu'elle ne se traduise par une extension.
3%
Mortalité par cancer de la prostate à 15 ans, groupe surveillé (ProtecT)
2%
Mortalité par cancer de la prostate à 15 ans, groupe opéré (ProtecT) [Différence non significative]
6/10
Hommes toujours en surveillance active à 5 ans, sans traitement [Données française]
<3%
Risque d'évolution métastatique sous surveillance active [Données françaises]
Sources : étude ProtecT (Hamdy et al., quinze ans de suivi) ; données de cohortes françaises de surveillance active. Chiffres indicatifs, à discuter avec votre urologue au regard de votre situation individuelle.
En pratique
Le vrai avantage, et la vraie contrepartie
L'avantage
Pas de chirurgie, pas de radiothérapie, et donc aucun risque d'incontinence urinaire ni de troubles de l'érection liés au traitement. Votre vie ne change pas.
La contrepartie
Elle est psychologique d'abord. Vivre en sachant qu'on porte un cancer demande une certaine solidité, et les semaines qui précèdent chaque contrôle sont rarement agréables. C'est le principal motif de sortie du protocole, bien avant l'évolution de la maladie.
Il s'agit également d'une prise de risque : modérée, puisque le protocole de surveillance impose des suivis rapprochés, mais c'est un risque statistique.
Le point de vue du chirurgien
C'est avant tout, une discussion avec le patient.
La décision doit être prise avec votre urologue, et peut être révoquable à tous moment. Il est important de comprendre que, tout comme chaque cancer de prostate est différent, chaque patient est également différent, et deux situations cliniques ne peuvent être comparées.
Praticien
Pourquoi consulter le Dr BOMMELAERE pour votre surveillance active ?
Installé à Lille et Marcq-en-Barœul, le Dr Thomas Bommelaere est chirurgien urologue spécialisé dans le diagnostic et la prise en charge des pathologies prostatiques sur le territoire lillois et le département du Nord.
Biopsies de fusion IRM-échographie
Expertise dans la technique de fusion numérique, combinant prélèvements systématisés et biopsies ciblées dans les zones suspectes repérées à l'IRM.
Recommandations actualisées
Prise en charge conforme aux recommandations françaises et européennes (AFU, EAU), avec actualisation continue de la pratique.
Parcours de soins coordonnés
Travail en réseau avec radiologues, oncologues et anatomopathologistes du territoire des Hauts de France. Discussions en RCP pour les dossiers de cancérologie.
Écoute pédagogique
Expliquer chaque étape du bilan, comprendre les enjeux et participer à la décision médicale partagée. Les consultations durent au moins 20 minutes par patient.
Suivi régulier organisé
Un calendrier de contrôle clair, coordonné entre le cabinet de consultation et l'Hôpital Privé La Louvière d'une part, et avec votre médecin traitant d'autre part.
Médecin accrédité HAS
Inscrit à l'Ordre des Médecins du Nord, membre de l'Association Française d'Urologie, accrédité par la Haute Autorité de Santé.
Cabinet de Lille
Cabinet de Marcq en Barœul
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Chirurgie robotique
Questions fréquentes
Vos questions sur la surveillance active
Les réponses aux questions le plus souvent posées en consultation. Elles ne remplacent pas un avis médical personnalisé.
Le cancer peut-il devenir incurable pendant la surveillance active ?
C’est précisément ce que le protocole est conçu pour empêcher. Le rythme des contrôles (PSA, IRM, biopsies) est calculé pour détecter une évolution bien avant qu’elle ne compromette les chances de guérison.
Le risque n’est pas nul, mais il reste faible : les données disponibles situent le risque d’évolution métastatique sous surveillance active à moins de 3 %.
Quelle est la différence entre surveillance active et abstention thérapeutique ?
La surveillance active s’adresse à des hommes que l’on pourrait guérir : si la maladie évolue, un traitement curatif est engagé.
L’abstention thérapeutique (ou surveillance simple) concerne des hommes âgés ou fragiles chez qui aucun traitement curatif n’est envisagé ; seuls les symptômes éventuels sont traités. Les deux termes sont souvent confondus à tort.
Puis-je changer d'avis et demander une opération ?
Oui, à tout moment. La surveillance active ne ferme aucune porte : les traitements curatifs (chirurgie, radiothérapie) restent disponibles avec les mêmes chances de succès qu’au moment du diagnostic initial.
Les biopsies répétées sont-elles éprouvantes ?
Elles sont réalisées par voie transpérinéale, ce qui a considérablement réduit le risque infectieux par rapport à l’ancienne voie transrectale.
Elles restent un geste à part entière, mais leur fréquence limitée — une fois tous les 2 à 3 ans après la biopsie de confirmation — les rend supportables pour la grande majorité des patients.
Dois-je changer quelque chose à mon mode de vie pendant la surveillance active ?
Aucune restriction particulière n’est imposée. Activité physique régulière, arrêt du tabac et alimentation équilibrée sont recommandés, comme pour tout homme de votre âge.
La surveillance active du cancer de la prostate est-elle remboursée ?
Oui. Elle s’inscrit dans le cadre d’une affection de longue durée (ALD) : consultations, dosages de PSA,IRM et biopsies de contrôle sont pris en charge selon les modalités habituelles de l’Assurance Maladie. Des compléments d'honoraires peuvent s'appliquer en plus.
Combien de temps dure la surveillance active ?
Elle se poursuit tant que les critères de faible risque restent réunis, sans limite de durée fixée à l’avance. Certains hommes restent en surveillance active de nombreuses années ; d’autres en sortent plus tôt si lamaladie évolue ou si leur souhait personnel évolue.
Un cancer de la prostate à faible risque vient d'être diagnostiqué ? Parlons-en, posément.
Toutes les options méritent d'être expliquées avant d'être choisies. Consultation à Lille et Marcq-en-Barœul, prise de rendez-vous en ligne ou par téléphone : l'intégralité de votre dossier est a transmettre au secrétariat, ou sur Doctolib, avant le RDV.